Les jours d'avant...la bascule du destin


🏼Octobre 2000 - En vol pour la Chine🏼 Les jours d'avant...la bascule du destin


Un ami de la famille, qui m'a accompagnĂ©e en Chine, m'appelle : "J'ai pris les billets, on part le 20 octobre." Je suis assise prĂšs de la fenĂȘtre, sur le fauteuil attitrĂ© "pour tĂ©lĂ©phoner", oui un truc qui existait dans les maisons, parce que les tĂ©lĂ©phones avaient un fil !!! Et je me souviens de tout trĂšs nettement : d'avoir notĂ© cette date sur un papier, d'avoir raccrochĂ© et cette sensation d'Ă©criture du destin "Ca y est, c'est parti." Un enclenchement intĂ©rieur et extĂ©rieur, visible et invisible, Ă©tait actĂ© : le 20 octobre 2000, j'allais m'envoler pour la Chine. 20 ans plus tard, me voilĂ  face Ă  elle. Non pas la Chine, mais la jeune fille de 17 ans, qui n'a pas une seule seconde hĂ©sitĂ©, ou pensĂ© qu'elle n'irait pas, parce qu'elle sentait qu'il fallait y aller, malgrĂ© ce que ça allait lui coĂ»ter... il fallait y aller. Je la regarde et je me dis "Ben dis donc la petite, t'en avais dans les tripes !" En vingt annĂ©es, tout a changĂ© et rien n'a changĂ©. A mon retour sur Rennes il y a 2 ans, une amie que je n'avais pas vue depuis le lycĂ©e m'a dit "Tu travailles dans le bien-ĂȘtre, ça te va trop bien, ça te correspond vraiment Ă  quand je me souviens de toi Ă  l'Ă©poque." Et pourtant...si tu savais les dĂ©tours que j'ai fait !! Ça a Ă©tĂ© toute une traversĂ©e que ces 20 annĂ©es. Des vertes et des pas mĂ»res, cueillir trop tĂŽt, comprendre trop tard, croire en tout et perdre beaucoup, m'illusionner et dĂ©gringoler. Tomber et recommencer, encore. Apprendre, toujours. Et si c'est jeune fille me demandais aujourd'hui : "Est-ce qu'on est ok toutes les 2 ? Tu es restĂ©e fidĂšle Ă  moi et Ă  cette idĂ©e que la vie allait ĂȘtre un monde Ă  explorer ?"

Je répondrai "oui" et "tu sais quoi, t'attendais rien de précis, et bien ça tombe bien, c'est de toutes façons autre chose qui est arrivé !" Je sais qu'en ce moment, on n'explore plus le monde extérieur avec les avions. Avec le temps, mon métier est devenu d'accompagner à explorer un autre monde, justement, celui de l'intérieur. Et c'est le contact quotidien avec mon monde intérieur qui m'a permis de traverser l'effondrement de mon monde extérieur.

FidÚle, le plus difficile a été de le rester malgré les bourrasques. Et j'ai compris avec mon chemin dans la Tradition Taoïste Daxuan que ce que l'on projette utopiquement comme un "développement personnel", relÚve aujourd'hui à mon sens plutÎt d'un "dépouillement personnel", pour revenir à l'essentiel. La fameuse notion de "retour".


Finalement, tout Ă©tait dĂ©jĂ  lĂ  il y a 20 ans, voir mĂȘme avant, j'ai juste pris des chemins de traverse entre temps... Et ce que j'ai dĂ» dĂ©construire, ce sont les annĂ©es que j'ai passĂ© Ă  chercher, je ne sais plus quoi d'ailleurs, et ailleurs qu'Ă  l'intĂ©rieur. Le passĂ© est fait pour ĂȘtre digĂ©rĂ©, le passĂ© est fait pour avancer. Alors je continue d’Ɠuvrer pour la suite du passĂ©, l'avenir. Et Ă  bientĂŽt 40 ans, malgrĂ© ce monde en mouvement, j'ai toujours foi dans la vie comme un monde Ă  explorer.


Et vous ? Que répondriez-vous à la personne que vous étiez il y a 20 ans ?

Et en fonction, que pouvez vous faire, dĂšs aujourd'hui, pour ĂȘtre en paix avec elle, avec vous ?


Marion