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J'ai eu 18 ans en Chine, il y a 18 ans...

Mis à jour : mai 10


Je me souviens de cette journée ensoleillée et surtout du champ des possibles qu'elle contenait. J'étais tellement pleine d'espoir et de joie, je me sentais choyée par la vie. Je savais qu'il y aurait un avant et un après. Et ce fut vrai. Les 18 ans d'après sont aujourd'hui passés. Me voici à 36 ans, c’est l’heure du bilan. Je me tourne vers cette Petite Ma ou « Xiao Ma », comme m’appelait les Chinois, celle qui est partie en Chine à 17 ans et qui a fait un si grand bon en avant !

Ce dialogue avec moi-même est une habitude puisque depuis petite, j’écris. Pour transformer, pour digérer les choses qui me font mal ou pour me souvenir des belles choses… Et c’est comme ça que toute cette année en Chine (2000-2001), j'ai tenu des cahiers quotidiens de ce que je faisais et vivais.

Pendant les 18 années qui suivirent mon voyage, j’ai ardemment voulu retranscrire ces "Cahiers de Chine". A deux reprises, j’ai essayé. Sans succès. Soudain, récemment, j’ai compris pourquoi : mon besoin de raconter cette année était nourri d’une volonté farouche de ne pas lâcher cette expérience. De peur d’oublier et de peur de laisser partir tous les gens à qui elle était liée, ceux que j’y ai rencontré, ceux que j’ai laissé en France en partant…

Il s’agissait également avec ce projet d’honorer celle que j'étais à 18 ans et la promesse que je m’étais faite en rentrant de raconter. Mais au fil du temps, mon désir de publier ces écrits s’est révélé scellé à la tristesse de réaliser que j’avais perdu de vue des amis qui m'ont tant aidée. Je voulais publier ces écrits mais pour des raisons obsolètes qui me rattachaient au passé.

Alors certes ces 18 années ont tout changé : moi, mes plans et mes amitiés mais au fond, elles m'ont aussi amenée à me trouver. Grâce à ce long cycle, je sais à présent qu’il est temps pour moi de faire le deuil de mon deuil. De la Chine telle que je l’ai connue et qui n’existe plus. Pour avancer et intégrer du nouveau, il faut lâcher de l’ancien, c’est mécanique. Voilà ce que j’ai appris de la vie : apprendre à s’alléger, des choses mais pas seulement. Des relations et projets laissés en suspens, laissés en culpabilité et en pression. Fardeaux inutiles de nos histoires à transmuter…

Je traverse aujourd’hui un pas sage, celui des 18 ans de mes 18 ans. Il est temps de les libérer ! Et de mettre de la douceur sur mes douleurs. Il est temps de regarder devant, à l’aulne de ce passé, devenu bienveillant.

Je sais que je ne trahis pas cette « Petite Ma » puisque la Chine est de toutes façons en filigrane de tout ce que je sème, comme une racine céleste de ma vie, un fil rouge et un axe à la fois. J’accepte donc aujourd’hui de l’intégrer en moi et dans ce que je fais, autrement que prévu initialement. Et de laisser cette expérience rayonner d’elle-même, sans forcer. « On ne tire pas sur une plante pour qu’elle pousse », disent les Chinois !

Finalement, si on ne digère pas les chapitres de sa vie, ils restent ouverts. Parfois grandir c'est laisser tomber nos vieilles idées, qui ne sont plus d'actualité. Alors j’entame ce nouveau cycle transformée et formée de tout ce que j’ai traversé et je voulais vous le partager comme une résonance dans nos existences… Je crois profondément que la vie nous apprend, si on l’écoute, si on l’entend. Elle est joueuse également : je vis un clin d’oeil malicieux puisque me voilà de retour à Rennes, dans cette Bretagne qui m’a vu prendre mon envol. La boucle est bouclée, j’ai digéré un cycle apparemment ! On se retrouve pendant le suivant ? ;)

Et vous comment relisez-vous et transformez-vous vos cycles de vie pour avancer ?

Je vous envoie force et courage de vous désencombrer des ombres que vous portez…peut-être comme moi depuis trop longtemps.

Marion


Aile de son :

🎧 "Dust in the wind" Kansas



Aile de sens :

🀄️Ce caractère chinois signifie aller, avancer, partir...




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